[Alt. 260 à 14 km au nord ouest d’Aiacciu.
Rive sud du golfe de Lava]
Villanova existe depuis la plus haute Antiquité et sans doute la Préhistoire puisqu’on y trouve un certain nombre de « Taffoni » (abris sous roche). Les Celtibères, les Carthaginois et les Romains y ont séjournés.
L’ancien village du IXème siècle Vicchione s’appelait à l’origine « Ve-ghione », nom d’origine celtibère. Le lieu-dit Campu d’Unicu est en fait, la déformation de Campu Punicu qui rappelle l’occupation carthaginoise. Une colline de la commune, a Punta d’Aquilone, pourrait avoir pour origine un camp romain, le camp des aigles (aquilae…).
Par ailleurs au IX ème siècle, Vicchione, comme l’ensemble du golfe de Lava et une grande partie du littoral corse, subit les invasions sarrasines. Une partie des habitants de Vicchione et de Campu d’Unicu sont emmenés en esclavage, leurs maisons rasées ; les rescapés se réfugient dans la chaîne de Lisa (790 mètres) qui surplombe le village actuel.
Le sentier, encaissé entre deux murs, qui relie la mer, l’ancien village de Vicchione et qui aboutit au clocher de Villanova, s’appelle « A Stretta di i Mori ». Ce sentier qu’empruntaient les envahisseurs maures, est aujourd’hui réhabilité et balisé pour la randonnée pédestre.
Au XIV ème siècle, d’après une légende, sous la conduite de la veuve d’un seigneur de Lisa, prénommée Bianca Maria, les réfugiés de Lisa fondent Villa-Nova autour d’une source, a Murgana, fontaine actuelle du village. Villa-Nova commence à apparaître sur les cartes de Corse dés 1506.
Villa-Nova et le hameau de San Felice (San Fideli aujourd’hui) faisaient partie de la route des chapelles et oratoires s’égrenant de Saint Antoine à Aiacciu jusqu’à l’oratoire du col de San Bastianu en passant par San Benedettu (commune d’Alata).
Jusqu’au XVI ème siécle, par A stretta di i mori, les incursions sarrasines perdurent et Villanova et ses hameaux sont sans doute détruits à plusieurs reprises.
En 1541 la municipalité gênoise d’Aiacciu fait construire la Tour de Pagliaghjolu( dite de Capu di Fenu) et celle de Lava. Peu à peu la paix gênoise s’installe.
Les Villanovais, les Biancamaria à Villanova et Scaglioli, les Casasoprana à San Fideli, s’occupent désormais de leurs troupeaux de caprins, de leurs jardins, de leurs oliviers et de leurs petits champs de blé (des dizaines d’Aghja, aires de battage, sont recensées sur la commune). Ils sont rejoints par des bergers de Bucugna (Martinetti, Marcaggi, Giacomoni…), de Valle di Mezzana (Vincileoni) et de Bastelica (Capigriggi, Lozzi, Chiozza…).
Jusqu’en 1864 Villanova et ses hameaux étaient rattachés aux communes d’Aiacciu et d’Alata. En 1864, avec 1 134 hectares et 325 habitants, ils deviennent une commune à part entiére.
La Première Guerre Mondiale voit le village perdre une grande partie de ses forces vives (24 noms sur le monument aux morts !). Après 1918 le village se dépeuple au profit du continent français et de ses colonies.
En 1942 le village est occupé par des italiens, présents à Villanova, Capu di Fenu et Lava.
Un réseau de résistance se développe. Le sous marin Casabianca abordera clandestinement à deux reprises sur les rivages de Villanova : une fois pour y débarquer des armes, et, une autre fois, le 9 septembre 1943, le jour de l’insurrection de la résistance Corse, pour embarquer à destination d'Alger le chef de la résistance, Arthur Giovonni, qui était réfugié à Campu d’Unicu. Un certain nombre d’hommes du village participent activement à ces opérations.
Après 1945 Villanova continue à se dépeupler, souvent au profil d'Aiacciu, et en 1978 son école primaire ferme.
A partir des années 90, grâce à un nouveau hameau en bord de mer, I Costi di Villanova, grâce aussi à un retour de villanovais, à la retraite ou fuyant la vie urbaine, la commune connaît un certain renouveau. Elle compte aujourd’hui prés de 400 habitants permanents et environ un millier l’été venu.
Eglise, Campanile, et lavoir ont été réhabilités. Des sentiers de randonnées pédestres ont été ouverts, des gîtes ruraux créés par des particuliers.
Une auberge, avec une excellente cuisine corse traditionnelle, sert de lieu d’animation.
Commune rurale, on y trouve d’excellents produits fermiers chez les sept éleveurs du village.
Villanova, qui a protégé ses sites, son environnement, son patrimoine, son terroir agricole et son littoral, est le « poumon vert »de la région ajaccienne.
Village corse de caractère, il entre dans le XXI ème siècle en misant sur une qualité de vie exceptionnelle et en s’ouvrant progressivement à l’agrotourisme.